Et si le vide était le meilleur stimulant de la création ?
Ralentir pour mieux voir
Et si la créativité naissait justement dans les moments où l’on ne fait rien ?
Il y a quelques semaines, je suis partie deux semaines en Suisse, entourée de montagnes et de lacs, pour m’accorder une pause créative avec un seul objectif : trouver le thème de ma prochaine collection d’illustrations.
Quand on travaille à son compte, il est difficile de s’arrêter. On a toujours l’impression de devoir avancer, produire, créer, remplir ses journées et ses idées.
Alors pendant ces deux semaines, j’ai décidé de faire l’inverse :
laisser du vide dans mon emploi du temps.
Pas de planning précis, pas d’obligation de dessiner.
Juste marcher, observer, ressentir.
Et c’est finalement dans le brouillard, en montagne, que le thème de ma nouvelle collection est apparu comme une évidence.
Dans cet article, j’ai envie de vous raconter pourquoi le vide est parfois le meilleur moteur de la créativité, et comment est née ma collection La tête dans les nuages.
Pourquoi le vide peut ouvrir un champ infini à la créativité
On pense souvent que pour avoir des idées, il faut chercher plus d’inspiration, regarder plus d’images, visiter plus d’expositions, scroller plus longtemps. Comme si la créativité se trouvait toujours ailleurs.
Mais avec le temps, je me rends compte que la créativité ne naît pas dans le trop-plein, elle naît dans l’espace vide.
Dans une journée sans programme.
Dans une marche sans but précis.
Dans un moment où l’on s’ennuie un peu.
Dans un paysage que l’on regarde longtemps.
Le vide dans un emploi du temps n’est pas du temps perdu.
C’est un espace de respiration, un espace où l’imagination peut enfin prendre toute la place.
Avant cette pause, j’étais dans une période très remplie, avec beaucoup de projets et d’objectifs. Et je me suis rendu compte que je ne laissais plus vraiment de place à la recherche, à l’errance, à l’observation.
Pendant cette pause, j’ai redécouvert quelque chose de très simple :
quand on ralentit, on voit beaucoup plus de choses.
Une couleur, une lumière, un reflet, une forme, un mouvement.
Et petit à petit, tout devient inspiration.
Le vide dans l’emploi du temps devient alors un espace rempli de possibilités.
Sommet de Monte Boglia - Suisse
Le jour blanc en montagne : un monde silencieux
Au bout de quelques jours, j’avais plusieurs idées de thèmes, mais rien qui me semblait vraiment évident.
Et puis un week-end, il y a eu ce qu’on appelle en montagne un jour blanc.
Un jour blanc, c’est quand les nuages sont tellement denses qu’on ne voit plus rien. Le ciel, la montagne, l’horizon : tout devient blanc. Il n’y a plus de repères, plus de paysage.
J’ai fait une randonnée ce jour-là, en marchant pendant des heures avec l’idée d’arriver en haut pour voir la vue. Mais une fois au sommet : rien. Que du blanc.
Sur le moment, il y a une déception. Et puis parfois, le vent bouge les nuages et laisse apparaître un morceau de montagne, puis un autre, puis plus rien.
Comme si la nature décidait à notre place de ce qu’on avait le droit de voir.
Et à ce moment-là, le paysage devient complètement différent.
Ce n’est plus un grand panorama.
C’est un paysage intime, fragmenté, mystérieux.
Les montagnes semblent flotter dans les airs.
Le paysage apparaît par morceaux, comme un puzzle que l’imagination doit reconstruire.
Et finalement, je me suis rendu compte que ce sont ces paysages-là dont je me souviens le plus.
Parce qu’ils sont rares, imprévisibles, presque secrets.
S’inspirer d’une atmosphère plutôt que d’un sujet
En redescendant de cette randonnée, j’ai compris que le thème de ma prochaine collection n’allait pas être une fleur, une plante ou un paysage précis.
Le thème allait être une sensation.
Une atmosphère.
Un moment suspendu.
Un paysage qui apparaît puis disparaît.
Quelque chose de doux, flou, flottant dans les airs, presque en apesanteur.
J’ai repensé à tous ces paysages dans les nuages, aux montagnes dans la brume, aux lumières très douces, aux formes qu’on devine plus qu’on ne voit.
Le temps long
Si cette collection me touche autant, c’est aussi parce qu’elle fait écho à quelque chose que je ressens beaucoup aujourd’hui : notre manière de consommer les paysages, et notamment la montagne.
Aujourd’hui, on veut voir le plus de choses possible, aller vite, prendre des photos, les partager, puis passer à autre chose. On collectionne les lieux comme on collectionne les images, sans toujours prendre le temps de vraiment regarder.
En montagne, quand le paysage est dégagé, on regarde quelques minutes, on prend une photo, et on repart.
Mais quand il y a du brouillard, tout change.
On ne peut plus consommer le paysage.
On est obligé de ralentir, d’attendre, d’observer une lumière, une forme, un détail qui apparaît puis disparaît.
Et finalement, on vit souvent un moment beaucoup plus fort que devant un grand panorama parfait, parce qu’il est rare, imprévisible, presque intime.
Avec cette collection, j’ai envie de mettre en lumière ces moments suspendus, ces paysages imparfaits, ces paysages qu’on ne voit pas entièrement, ces instants rares et précieux.
Des paysages qui obligent à ralentir.
Des paysages qui laissent de la place au silence.
Des paysages qui laissent de la place à l’imagination.
Et peut-être que mes illustrations sont simplement une manière de ramener un peu de cette lenteur et de cette poésie dans nos intérieurs.
Laisser la place au vide
Le vide n’est pas du temps perdu.
C’est un espace où les idées peuvent exister.
C’est souvent quand on arrête de chercher qu’on trouve, quand on ralentit qu’on commence vraiment à voir.
La collection La tête dans les nuages est née exactement comme ça :
dans le brouillard, dans le silence, quelque part entre un lac et une montagne.
La collection est actuellement en cours de création.
Si vous voulez suivre son évolution, voir les croquis, les recherches et les premières illustrations, vous pouvez vous inscrire à ma newsletter où je partage tout le processus de création.
Parce qu’une illustration, ce n’est pas seulement une image.
C’est une atmosphère, un souvenir, une émotion.
Et parfois, un paysage qui apparaît doucement dans les nuages.
Envie de suivre de près la naissance de cette collection et de connaître le lieu de sa future exposition ?
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Hello, moi c’est Charline !
Je suis illustratrice et passionnée par la biodiversité.
Et je sais qu’entre le tumulte ambiant et le chaos du monde extérieur, on peut vite se sentir étouffé, ou perdre ce lien essentiel avec notre monde intérieur et le vivant.
Ici, je te partage mes réflexions, mes carnets d'exploration et mes conseils pour ralentir grâce à l'art, l’émerveillement et l'observation de la nature.
Bienvenue dans ton nouveau refuge !
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